août 31, 2025

Saisir le sens des fêtes religieuses au cœur de diverses sociétés humaines

Visée générale : Analyser concrètement des fêtes, des cérémonies, des traditions religieuses, afin d’en percevoir les possibles
invariants. Comprendre à quel point toute fête religieuse participe à la réactualisation d’un évènement sacré.

Points d’attention :

  • Il sera important pour l’enseignant d’aider les élèves à distinguer plusieurs formes de fête, afin de ne pas se contenter des
    représentations initiales (danses, alcool, musique, consommation illicite, etc.).
  • Aider les élèves à passer de la fête originale à la fête originelle qui, de tout temps, conduit les hommes à imaginer des tumultes
    organisés ayant le pouvoir provisoire de réunir les contraires que sont désordre et règle.
  • « La fête est au temps ce que le temple est à l’espace », écrit Durkheim. La fête n’est pas essentiellement religieuse, mais toutes les religions ont leurs fêtes (les Évangiles parlent du royaume de Dieu comme d’une fête éternelle).

Compétences à privilégier :

  • Repérer les éléments constitutifs d’une fête, qu’elle soit profane ou religieuse
  • Décoder les fêtes religieuses comme une façon d’aborder le mystère des origines
  • Percevoir, dans le déroulement de certaines fêtes religieuses, la mise en scène de questions existentielles

Exemples de pratiques en classe :

1/ Découvrir, à partir de sources multiples, 5 fêtes différentes à travers le monde selon la typologie suivante :
a) Une fête centrée sur la création du monde (ex : les “pow-wow” indiens en Amérique du Nord). b) Une fête centrée sur les
traditions orales (ex. : les danses aztèques lors des cérémonies en l’honneur de Notre-Dame-de-Guadalupe, la patronne du
Mexique). c) Une fête centrée sur la relation entre les vivants et les morts (ex. : la sortie des masques tous les quatre ans chez les
Dogons du Mali). d) Une fête centrée sur les rapports de l’homme et de la nature (ex. : les ancestrales rogations chez les catholiques ou les processions d’offrandes chez les hindouistes de Bali). e) Une fête centrée sur la glorification d’une divinité (ex. : les chemins de croix au Guatemala ou l’anniversaire de Bouddha au Népal).

2/ À partir de quelques phrases extraites des œuvres d’Antoine de Saint-Exupéry, chaque élève recherche quelles sont pour lui les fêtes qui fondent son existence. S’ensuit un échange et la construction d’une éphéméride collective rassemblant les dates phares de l’ensemble du groupe :

« Ainsi je marche de fête en fête, et d’anniversaire en anniversaire, de vendange en vendange, comme je marchais, enfant, de la salle du conseil à la salle du repos, dans l’épaisseur du palais de mon père, où tous les pas avaient un sens. » (Antoine de SaintExupéry, Citadelle, in Œuvres, Paris, Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade, 1954, p. 517-518) « M’est donc apparu que le don essentiel était le don de la route à suivre pour accéder à la fête. Et que d’abord pour juger ta civilisation je veux que tu me dises quelles sont tes fêtes — et de quel goût pour le cœur et — puisqu’elles sont instant de passage, porte franchie, éclosion hors de la chrysalide après la mue, — d’où tu viens et où tu vas. Alors seulement je connaîtrai quel homme tu es… » (Antoine de Saint-Exupéry, Citadelle, in Œuvres, Paris, Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade, 1954, p. 982-983)
« J’entrai dans leur sourire à tous comme dans un pays neuf et libre. J’entrai dans leur sourire comme autrefois dans le sourire de nos sauveteurs du Sahara. (…) Du sourire des sauveteurs, si j’étais naufragé, du sourire des naufragés, si j’étais sauveteur, je me souviens aussi comme d’une patrie où je me sentais tellement heureux. Le plaisir véritable est plaisir de convive. Le sauvetage n’était que l’occasion de ce plaisir. L’eau n’a point le pouvoir d’enchanter, si elle n’est d’abord cadeau de la bonne volonté des hommes. Les soins accordés au malade, l’accueil offert au proscrit, le pardon même ne valent que grâce au sourire qui éclaire la fête. Nous nous
rejoignons dans le sourire au-dessus des langages, des castes, des partis. » (Antoine de Saint-Exupéry, Lettre à un otage, IV, in Œuvres, Paris, Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade, 1954, p. 401-402)

3/ Organiser une fête originale structurée autour d’une vision élargie du sens de la fête. Par exemple, il est décidé que dans la classe, chaque semaine, un élève différent sera mis à l’honneur. En amont, un tirage au sort a désigné l’élève qui devra organiser, en deux minutes chrono, de façon originale et à n’importe quel moment de la semaine, un micro temps de fête pour son collègue de classe.

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