Visée générale : Mesurer la diversité des regards sur une même réalité pour mieux vivre ensemble et comprendre qu’on peut
exposer un point de vue et échanger à son sujet sans l’imposer.
Points d’attention :
- L’enseignant insistera de façon préalable sur le fait que certaines opinions, aux yeux de la loi, sont des délits (le racisme, l’antisémitisme, l’homophobie…). –
- Il s’agit, pour les élèves, de s’entraîner à dire “je” afin d’exprimer clairement une opinion personnelle. – À l’issue de cette trajectoire, les élèves sont capables de faire la différence entre un fait, une opinion et un sentiment.
Compétences à privilégier :
- Opérer une distance avec ses représentations initiales
- Restituer, sans les pervertir, les convictions des autres
Exemples de pratiques en classe
1/ Exposer une photo ou une œuvre artistique. Dans un premier temps, chaque élève rédige en quelques lignes et de façon
anonyme ce qu’elle évoque pour lui. Ensuite, les textes sont ramassés et deux ou trois sont lus à haute voix par des volontaires. La troisième étape consiste en un échange où les différences sont relevées et où les possibles raisons de ces écarts sont analysées (point de vue différent, culture différente, histoire personnelle différente, état psychologique du moment…). L’auteur peut, finalement, se dévoiler ou pas. L’exercice reprend par la lecture de deux ou trois autres textes. Reproduire la démarche lors d’une deuxième ou d’une troisième séance en changeant le support visuel initial. L’enseignant n’intervient pas sur le fond des échanges mais veille à ce que chacun s’exprime dans le calme. Il note les progrès des uns et des autres et prend, à l’issue de la séquence, le temps de partager ses observations quant au fond et à la forme des échanges auxquels il a assisté.
2/ Proposer une série d’exercices (deux par séance sur une séquence de trois séances), afin d’apporter aux élèves certaines
capacités et attitudes liées à la prise de parole au sein d’un groupe. Des exercices simples utilisés dans le cadre de formations à
l’expression orale qu’il suffira d’adapter aux élèves concernés. Par exemple : un élève pose une question à un autre élève qui doit lui répondre à brûle-pourpoint. Question : « Pourquoi partager ? » Réponse : « Par solidarité. » Au tour du “répondeur” de devenir le “questionneur” d’un autre élève. Question : « Pourquoi la solidarité ? » Réponse : « Parce que nous sommes des êtres humains. » Le questionnement continue et de plus en plus vite. L’intérêt réside dans l’analyse a posteriori des questions et des réponses données avec un minimum de réflexion.
3/ Aborder la notion d’éthique de conviction et d’éthique de responsabilité. Selon Max Weber, d’un côté, “l’éthique de conviction” repose sur le principe kantien du devoir : il faut agir en fonction de principes supérieurs auxquels on croit. De l’autre, “l’éthique de responsabilité” s’apparente à la philosophie “conséquentialiste” : il faut agir en fonction des effets concrets que l’on peut raisonnablement prévoir. Plusieurs exemples viendront éclairer ces deux principes inéluctables dans toute décision.
Par exemple, la liberté de la presse relève de l’éthique de conviction et, de ce fait, la rédaction d’un journal peut décider de publier une image pouvant apparaitre blasphématoire pour certains croyants, choisir de ne pas publier l’image afin d’éviter un potentiel scandale appartient à l’éthique de responsabilité. L’enjeu de cette réflexion conduit à ne pas verser irrémédiablement dans l’un ou l’autre camp mais de se positionner comme une personne de conviction responsable.